Question de relations

16 juin 2020

« On exhibe la mort dans les statistiques, on éloigne la mort dans son humanité. »

Cette remarque d’un journaliste nous rappelle que le confinement n’a rien changé : la mort fait peur et continue à être refoulée. « Nous mourrons seuls » avait prédit Blaise Pascal. Il est certain qu’à côté des morts du Covid-19, généralement bien accompagnés (au moins jusqu’à la mort), il y a eu beaucoup d’autres morts dont on a très peu parlé : les morts de confinement, les morts de solitude, les morts d’abandon, les morts de tristesse, surtout dans les Ehpad.
Durant le confinement, il a fallu beaucoup de temps avant qu’on se mette à parler de ces « morts de deuxième classe » et de ces « soignants de deuxième classe » dans les Ehpad. Les chiffres des décès se sont ainsi peu à peu affinés, en incluant les « premières (hôpital) et deuxièmes classes » : la discrimination dans les morts étant à peu près éliminée, l’honneur de la République était sauvé ! Mais ensuite, tous ces morts, que sont-ils devenus ? Inhumés, enterrés, incinérés, sans présence des proches (ou si peu) ou des amis… Des morts oubliés… ou presque… Des morts chiffrées et déshumanisées.
Décidément, plus on va de l’avant – « plus on progresse », dit-on – plus on espère que la mort va s’éloigner et que la vie n’aura pas de fin. D’ailleurs la dénomination des Ehpad nous aide à cacher la vie qui est mortelle : quand nous allons dans une Ehpad, nous allons à la Résidence des Pins, la Clairière fleurie, la Villa des Beaux Jours, les Tilleuls ou les Mimosas, etc… Ces noms bucoliques respirent la vie en cachant la vie ou la survie de nos aînés emprisonnés et « non visitables » pour raison de « protection de tous les faibles de plus de 65 ans ».
Quand donc va-t-on arrêter de refouler la réalité de la mort ? Car on ne peut pas vaincre la mort : on peut allonger la durée de vie, doper les organismes, grâce au progrès technologique, mais la mort restera le terme de toute vie, elle fait partie de la vie. Chacun d’entre nous peut faire l’expérience d’une vie simple sans tout l’attirail technologique, et trouver cette expérience suffisamment riche en elle-même. La vie n’est pas d’abord question de technologie, mais de relations. Relation à soi, aux autres, à Dieu ou aux dieux que nous nous fabriquons, même le dieu appelé NEANT. Peut-être est-ce cette dernière relation qui nous fait peur ! A chacun de s’interroger !

 

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