« L’Église a toujours vénéré les divines Écritures, comme elle le fait aussi pour le Corps même du Seigneur, elle qui ne cesse pas, surtout dans la sainte liturgie, de prendre le pain de vie sur la table de la Parole de Dieu et sur celle du Corps du Christ, pour l’offrir aux fidèles » (Dei Verbum 21). Une telle affirmation, tirée de la constitution sur la Révélation divine (Dei Verbum) peut surprendre. Nous sommes habitués à donner une très grande importance au corps eucharistique du Christ que nous vénérons et entourons d’une fervente adoration. Or l’Église, en son Magistère suprême, nous dit que nous devons avoir une égale vénération pour les Saintes Écritures.
Dans la liturgie, nous sommes donc rassasiés selon deux modes d’être du Christ : sa parole et son pain. Car le Christ « est là présent dans sa parole, […] lui qui parle tandis qu’on lit dans l’Église les Saintes Écritures », tout comme il est là présent « au plus haut degré, sous les espèces eucharistiques » (SC 7). Il n’y a pas de pain eucharistique sans parole prononcée. Comme pour l’acte créateur, il faut une parole pour que le pain quotidien devienne le vrai pain qui descend du Ciel, le pain qui donne la vie au monde.
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